19.01.2008
BAIONA BERRIA FAIT SON BILAN

En 2001, près de 10 % des votant-e-s bayonnais-e-s installe deux élu-e-s abertzale de gauche à la Mairie de Bayonne. C'est une première historique ! Des abertzale de gauche sont dans le fief de la dynastie Grenet !
Notre force, c'est d'avoir joué «collectif», c'est à dire d'avoir été un groupe actif, constitué d'un réseau solide de militantes et de militants, très engagé-e-s dans la vie professionnelle, militante et associative de notre Ville.
Notre force, c'est d'avoir joué «constructif», c'est-à-dire de ne pas nous être contentés de «coller» à l'actualité du Conseil Municipal. En bref, nous n'avons pas voulu laisser Jean Grenet mener la danse.
Nous avons d'ailleurs ouvert le bal de notre mandature avec Zebda et une affluence de 2000 personnes pour un concert qui nous a permis de remercier nos électrices et nos électeurs !
C'est ce parcours qui nous permet aujourd'hui de présenter un vrai bilan « participatif », non seulement de notre action dans les conseils municipaux mais aussi dans le travail de réseau et de concertation que nous avons mené avec les habitant-e-s de Bayonne.
Baiona Berria a été pendant 7 ans la seule
opposition crédible à la majorité Grenet
Si Jean Grenet devait poursuivre, après mars 2008, son oeuvre en matière d'urbanisation, les nouvelles rues de Bayonne ont déjà trouvé leurs noms : Bouygues, Kauffmann and Broad, Capri, Nexity... Baiona Berria a fermement dénoncé toutes les ventes de foncier communal ( La Féria, l'îlot Belfort...) et autres cessions à des promoteurs immobiliers ou des particuliers qui ne se sont vus imposer aucune contrainte : ni logements sociaux, ni clauses environnementales...
Invoquant en 2001, les «27% de logements sociaux » de Bayonne, Jean Grenet nous dit : «Il faut loger les classes moyennes». En 2007, ces «classes moyennes» dont nous a parlé sans cesse le Maire accèderont à la propriété pour des prix planchers démarrant à 3000 € le m2 ! Résultat : les constructions de logements sociaux baissent inexorablement et nous sommes les seuls à avoir développé une argumentation sur les rapports de la Cour des Comptes concernant les «bas de laine» de l'OPHLM et de la SA Atlantic. Bas de laine qui permettraient la construction de plusieurs centaines de logements !
Baiona Berria a fermement contesté le PDU ( Plan de Déplacements Urbains ) et le PLU (Plan Local d'Urbanisme) en plaidant une élaboration commune avec Anglet et Biarritz ainsi que des orientations sociales et environnementales fortes. Lors de l'enquête publique, le Commissaire enquêteur nous a donné raison sur l'opportunité qu'il y aurait eu à cette élaboration collective et communautaire !
Baiona Berria est le premier et le seul groupe municipal à avoir réclamé l'instauration systématique de clauses environnementales et sociales dans toutes les procédures d'appels d'offres effectuées par la Mairie de Bayonne. Pour chaque nouvel équipement, nous avons réitéré cette exigence, qui est devenue un automatisme dans bien des villes et de moindre importance que Bayonne ! Impossible pourtant à comprendre pour Jean Grenet qui se refuse à les appliquer et à les mentionner dans le PLU et dans tout autre document comme une orientation de fond.
Résultats du célèbre «Grenet de l'environnement» : un peu de bois sur la façade de la Maison des Associations, un lotissement (BREUER) en accession sociale dont on nous avait promis qu'il serait le «top» de l'écologie (annoncé comme HQE) et qui finalement combine sur 73 m2 et pour la modique somme de 160 000 €, chauffage électrique sans panneau solaire et absence de récupération d'eau de pluie !
Concernant l'emploi, nous avons été les premiers à interpeller le Conseil municipal sur les difficultés de la SAFAM, de ARCC et de Chupa Chups. De plus, le refus de maîtriser correctement le foncier (absence d'utilisation de baux emphytéotiques) et les choix de développement économique opérés par la Mairie et la CABAB (installation de multinationales comme Ruwell et Sony...) sont en cause.
Pour ce qui concerne les emplois municipaux, nous avons dénoncé un système de primes inégalitairement réparties et ce, de manière totalement arbitraire par Jean Grenet, récompensant uniquement les cadres A. Nous avons toujours condamné une sous-traitance insidieuse qui menace chaque année un peu plus certains services techniques comme les espaces verts et la voirie.
Les questions budgétaires nous ont interpellé-e-s. Nous n'avons eu de cesse, à chaque exercice, de démontrer un endettement préoccupant et d'exiger, par le biais d'un Plan Pluriannuel d'Investissement, la transparence et la planification au lieu d'une politique du « coup par coup ». Souvenez vous des épisodes autour de Village Road Show, puis du Village Culturel, puis...
Corridas, Golf de Bassussary, autant de postes budgétaires dévolus à des activités coûteuses et contestables. La corrida est une activité ruineuse pour la Ville et l'opinion publique demande un débat sur son bien fondé. A ce titre, nous apportons notre soutien au FLAC (Anti-corrida). Le golf de Bassussary est une charge pour la Ville et une aberration environnementale : nous sommes les seul-e-s à l'avoir dit et répété.
L'euskara appartient à tout le monde : le travail constant et militant des associations a permis d'améliorer quelque peu sa place à Bayonne et nous faisons là référence au dynamisme des ikastolak et à l'attrait de l'enseignement bilingue. Si l'on ne peut que constater l'émergence d'un mouvement fort en faveur de la langue basque, il y a un gouffre entre les incantations politiques de tous bords : «Nous sommes pour le développement de la langue» et les réalisations qu'il faut arracher.
2008 voit néanmoins la naissance de la 1ère crèche bascophone à Bayonne et Baiona Berria se félicite que son insistance ait porté ses fruits.
Nous avons approuvé la signature de la Convention entre la Mairie et l'Office public de la langue basque. Mais nous nous interrogeons sur son application. En décembre 2007, Jean Grenet n'envisageait toujours pas un affichage bilingue pour les Fêtes de Bayonne 2008 !
Nous avons enfin soutenu jusqu'à son terme le dossier de Orai bat, Centre de culture basque, même si nous déplorons qu'il ait dû mettre fin à son activité d'hébergement.
Le travail d'analyses et de propositions de Baiona Berria par rapport aux Fêtes de Bayonne (2005-2006-2007) s'est traduit par des conférences de presse, l'organisation désormais traditionnelle du repas de Baiona Berria, des animations (Xiba) et nos interventions lors de la Commission extra municipale des Fêtes chaque année de la mandature. Nous avons apporté notre soutien inconditionnel aux femmes, violentées pendant les Fêtes et en dehors. Les membres de Baiona Berria sont solidaires ou s'impliquent dans le Collectif contre les violences faites aux femmes.
Transparence et concertation sont des mots qui n'appartiennent pas au vocabulaire de Jean Grenet.
L'absence de vie des commissions municipales, de communication de documents ne nous a pas empêchés d'apporter non seulement la contradiction mais aussi des propositions à la majorité municipale sur nombre de dossiers.
C'est grâce aux sollicitations incessantes de Baiona Berria que la communication entre la Mairie et l'opposition s'est vue – quelque peu - facilitée. Certains documents sont tout à coup devenus accessibles même si leur emprunt est souvent impossible. D'autres nous sont restés interdits d'accès, par exemple le PPI (Plan Pluri annuel d'Investissement) de la CABAB. Cela signifie que les élue-s n'ont pas accès à des pans entiers de ce qui constitue l'avenir de la Ville et de la Communauté d'agglomération !
Les services techniques nous ont toujours reçus mais les autorisations de communiquer les documents officiels dépendent totalement du Maire et de sa bonne volonté. Dernier épisode en date : le refus de nous communiquer le Plan de développement stratégique 2004 de la SA HLM dont la Ville de Bayonne est actionnaire à 60 % et dont le président n'est autre que Jean René Etchegaray, adjoint à l'Urbanisme !
Intégrés, quoique sur feuillet séparé dans le Bulletin municipal, les articles trimestriels de Baiona Berria permettent de faire la chronologie de nos interventions. Limités au sens le plus strict de la loi, Jean Grenet n'autorisera ni photo, ni illustration, ni composition particulière. Son but est délibéré : empêcher toute expression contradictoire de l'opposition et par contre, faire du Bulletin municipal et des autres supports (site internet, Echo de la Cité, Journal de Chantier, conférences de presse et autres vernissages, inaugurations, visites...) des moyens et des lieux de propagande permanente... «Dis moi avec qui tu bois, je te dirais qui tu es».
Concernant les conseils municipaux, nous avons contesté leur lourdeur, leur nombre trop restreint, les délibérations prises alors que la réalisation est en cours voire achevée, l'absence de publicité des débats, le caractère autoritaire de leur déroulement. Le Maire Jean Grenet s'est essayé à nous impressionner, à nous déstabiliser : il nous a fallu quitter un jour la séance et demander une audience pour mettre en garde le Maire sur ses agissements de censeur. De même, nous nous sommes opposé-e-s à la tenue de «conseils municipaux privé » que voulait tenir Jean Grenet en organisant un rassemblement contre cette idée, devant la Mairie.
Plus grave, avec les habitant-es, Jean Grenet confond concertation avec «information». Pour éviter la première, il utilise le concept de «réunion publique de quartier».
Flanqué d'un adjoint ou deux, d'un chef de service ou deux et d'un diaporama, le Maire s'adresse au peuple, une à deux fois par mandat. Là, il expose dans un long monologue «ses» projets pour «sa» ville, répond à quelques questions et clôt les problèmes soulevés par un éternel «Mon bureau est ouvert, prenez rendez vous, nous règlerons tout ça !».
Baiona Berria a toujours souligné sa priorité de donner la parole aux habitant-e-s sur tous les projets qui concernent «leur» ville. Faute de pouvoir, un tant soit peu, convaincre un Grenet autocrate, nous avons fait en sorte en organisant permanences aux associations, forum sur la participation et débat sur le PLU, de donner la parole aux habitant-e-.
En ce qui concerne les transports et le stationnement, nous avons réclamé avant 2001 et tout au long du mandat des navettes pour tous les quartiers, en particulier Saint Esprit pour desservir le centre ville, des parkings à l'extérieur de la ville et des pistes cyclables sécurisées. Jean Grenet est parti part du principe suivant : «Je mets en route quelques navettes, je trace quelques bandes cyclables et le tour est joué !». Pendant ce temps, les constructions de parkings en ville ont continué (parking Tour de Sault) favorisant encore l'entrée des voitures au coeur de la ville. Un autre est prévu (Belfort à Saint Esprit) approuvé par les représentants du PS et des Verts.
De plus, Baiona Berria est le seul groupe municipal à avoir argumenté et – contrairement au PS - désapprouvé l'instauration d'une Ligne Grande Vitesse nouvelle. Baiona Berria a – contrairement à Jean Grenet et la Gauche Plurielle composé alors du PS et des Verts – désapprouvé l'élargissement de l'A63, le couloir à camions. Enfin, Baiona Berria a soutenu les revendications des riverains qui se sont mobilisés contre le projet de «barreau nord», projet toujours à l'ordre du jour pour Jean Grenet.
Tout au long du mandat, Baiona Berria arpenté les services, épluché les comptes et repéré les associations titulaires d'un «bas de laine» ( pourtant dotées chaque année de nouvelles subventions par un Maire et des adjoints omniprésents dans bien des bureaux et des conseils d'administration).
Baiona Berria a plaidé pour la transparence, proposé de nouveaux critères d'attributions de subventions sur la base de contrats pluri annuels (permettant la pérennité des projets et de rassurer les permanent-es) . Nous avons demandé un état des lieux des moyens, des locaux et des estimations de ces avantages en nature mis à disposition d'associations. Cet état des lieux nous a été promis mais non fourni à ce jour.
Nous sommes les seuls à avoir contesté la «municipalisation» de certains secteurs : «Maison des associations», «Espace socioculturel»... qui n'offre pas à notre sens les garanties de l'indépendance et de la diversité.
Nos relations avec les Motivés de Toulouse et le Mouvement de l'Immigration et des Banlieues ont amené échanges et déplacements sur Toulouse lors du festival Tacticollectif et St Etienne pour le forum des initiatives citoyennes.
Nous avons aussi soutenu, par des campagnes d'affichage, des manifestations, nos questions orales, nos courriers, notre présence et notre militance : avec la CIMADE, V. Ste R. et sa fille qui allaient être expulsées ; le droit de vote des immigré-e-s avec la Votation Citoyenne ; Laborantxa Ganbara ; la consultation Batera ; Lurrama, la ferme basque ; l'expression électorale des jeunes à travers le Collectif Eragin et «Aux urnes etc…», la dénonciation de la situation d’Unai Parot et des prisonniers politiques ;
Gure Irratia, radio en basque ; les habitant-e-s de la rue Gosse ; l'association des habitants de la place Montaut ; ceux de la place du Trinquet (dite Patxa) ; les jeunes du Gaztetxe ; les familles du foyer Lormand ; Festival Baiona…
19:40 Ecrit par dans Bilan, Municipales Bayonne 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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