15.03.2008

Portraits, fragments de vie... n° 8

Survivant

704571144.jpgMon père avait dit : quand vous aurez un peu de connaissance vous choisirez votre nationalité
Apatride jusqu’à 16 ans
Le 17 juillet 36 : Barcelone
Les jeux ouvriers
Contrecarrer Hitler
On a formé un groupe on a contrecarré on a combattu on est resté
Parti : juillet 36
Revenu : 46
Fusillé par les Allemands
Quelques millimètres du cœur
Entre le cœur et l’aorte
On ne peut pas la sortir
Si on tremble on te tue
Les Américains ont lancé 6000 parachutistes
250 en bas vivants
Un paysan hollandais
Et sa femme plus curieuse
Comment sont les femmes
Elle s’est penchée
M’a sorti de là
Trois mois
M’ont caché trois mois
Une marche qui grince
1946 retour aux Thermes salins, ma mère portait le deuil, je suis parti en marchant je reviendrai en marchant, seul rescapé de la Brigade de la commune de Paris
24 septembre 2007, 70 ans après, sur 50000 hommes il en reste 35
Nous sommes à Madrid
La Russe était si belle
95 ans
54 nationalités

07.03.2008

Portraits, fragments de vie... n° 7

Un quartier populaire 

1963 pas de rues, monticules de terre, gravats, pas de nom de rue, numéros d’entrée, portes, construction, on commence au 41, porte 41, on finit porte 1, attendre que du 41 au 1 tout soit fini avant d’avoir le chauffage ; 1962-63 les quatre tours, la dernière dans les marécages, sur pilotis, aussi haute que profonde, les autres aussi, le vent, au 8ème, le vent, au 9ème, ça bouge, les pieds-noirs prioritaires, les listes d’attente, l’assistante sociale, les prioritaires, et il y en avait ; 1962 l’arrivée des rapatriés, chiens interdits, interdit le linge aux fenêtres, M. Mouton des HLM, il donnait des amendes, au rez-de-chaussée on pouvait étendre son linge ; 2007 19 rue Philippe Vérin un chien pleure tout seul toute la journée, la ligne 6, la ligne 7, la 2, la navette électrique n’a pas l’autonomie pour venir ici, ici on n’est pas en ville, ici on est dans le petit coin de Balichon, comment dit-on, ici on est en banlieue ; 2000 rénovation, mon mari était vivant, cuisines, salles de bain, stores, doubles vitrages, portes d’entrée à interphone, avec le nom de chacun, rue Philippe Vérin, les tours c’est pas pareil, les tours ne sont fermées que de nuit ; 1966 deux pièces, le F2, grande baie orientée sud, pas de balcon moi j’ai un balcon, table ronde, table de quoi, table de bois, de quel bois, ciré, verni, de chêne, du bois d’arbre, cuisine avec vue sur l’Adour, qu’y voyait-on, dans la cuisine on n’a pas le temps de voir, autrefois les docker et les grues à vapeur, 4h du matin, aujourd’hui les platanes cachent le port ; 1972 T4, grande salle de séjour, loggia, 8ème, 9ème, point de vue magnifique jusqu’au Pic du Midi d’Ossau, vue sur Bayonne, cathédrale et pont Grenet, la pagaïe du midi et du soir, vue sur l’Adour, le pont Saint Esprit on le voit du 9ème ; 2007 cartes postales pelotes boites à punaises papiers enveloppes photos tournevis on n’a pas à le chercher ciseaux tire-bouchon loupe une gomme un crayon un petit carnet avec quelques pages de secrets une petite boite et des pièces de 1900 de 1900 au moins une bille égarée un briquet de vieilles lunettes.

06.03.2008

Portraits, fragments de vie... n° 6

1690421584.jpgJ’avais un mari, on l’appelait Paris Match
Il photographiait tout
Il faisait avec passion des photos de constructions
Le commissariat en train de se construire et lui en train de photographier
Deux CRS l’embarquent, l’interrogent.
Ils avaient cru qu’il prenait les plans du commissariat pour le plastiquer 
Le Photographe de l’ETA mon mari !
Encore heureux, il a dit en revenant, que je ne porte pas le nom de ma femme
Un nom basque !

03.03.2008

Portraits, fragments de vie... n° 5

Le grand R.
 

1036338316.jpg Le grand R.
Marie Madeleine
Après ça s’est perdu
Les charbonniers sont partis
Mme Coussinet
On aurait dit une pomme cuite
Les boulistes
De grands champions venaient
Les fils Viss
Les filles Lucas
Corinne Caro
Les petits Peronna
Le grand R.

 
Le grand R.
Immense
Un peu innocent
Une brute de père il avait
Il avait fait l’Indochine le père
Il l’a très mal traité ce gosse
Gosse le grand R. il voulait se jeter du 7ème
La mère R. elle s’asseyait en tailleur sous les arbres
Le grand R. tant qu’il avait sa mère ça allait
C’était un malade le grand R.
Né en 52.
En Algérie.
Un jour j’ai maîtrisé le grand R.  
Je l’ai pris par la taille je l’ai maîtrisé
Sa mère attendait un taxi pour l’emmener à l’hôpital chez les fous
Il ne voulait pas monter
Il n’était pas fou

Un jour le grand R. m’est arrivé dessus
Il me prend par le cou
C’était des crises
Les gosses ne lui faisaient pas de cadeaux
Les gosses le prenaient pour un rien du tout

Après quand sa mère est morte…

29.02.2008

Portraits, fragments de vie... n° 4

Les fêtes 
 

Monsieur Martin
Rendons à César ce qui appartient à César
Monsieur Mora
Président du Comité des fêtes
Qui jouait dans un orchestre, du saxo, l’orchestre venait, les manèges, c’était très renommé
Les farandoles
C’était formidable,
On faisait des kilomètres et des kilomètres pour aller danser
On partait à pied
On partait en équipe
On revenait en équipe
A moins qu’on n’ait des gaixoa
Les garçons portaient les filles sur la barre du vélo
C’était avantageux
J’y suis montée, sur le cadre 
Quand un garçon avait remarqué une fille, il la faisait monter sur le cadre
C’était très connu
Et après : sur le porte bagage…

 

21.02.2008

Portraits, fragments de vie... n° 3

L'Adour et le quartier Bibi

 
C'était le quartier Bibi...
Beaucoup se retrouvaient à l’Adour pendant les fêtes
On jetait nos ordures à l’Adour
On se baignait à l’Adour
On tombait à l’Adour
Tous les enfants des Allées Marines apprenaient à nager à l’Adour

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15.02.2008

Portraits, fragments de vie... n° 2

Les bistrots

Les bistrots
Chez Marius
Chez Maïe
Chez l’Américain - un basque qui avait fait fortune en Amérique
La boulangerie
Le boucher Lahargou
Dubové l’épicier
La manufacture d’armes
Le dépôt de sucre, chez Bouchon.
Chez Mora
Le café du Port
Les charbonniers, Maningue et Personna
Celui qui arrangeait les vélos
Louisette, la marchande de légumes
Le cordonnier
M. Martin, du bureau de tabac
Un grand monsieur, qui connaissait tout

Maintenant ils font des bureaux

13.02.2008

Portraits, fragments de vie, Bayonne hier et aujourd'hui n° 1

Le port 1968 

Ça allait mal
L’année des barricades
C’était, attendez…
Le commissaire de police avait été tué
C’était…
C’était partout en France
Je l’avais très mal vécu
Quelques uns travaillaient
Moi, mon mari était réquisitionné
C’était en 1968
C’est ça
Dans les usines ça allait mal
Chez Briquet - c’était Dassault mais du temps de Briquet
Et aux Forges de l’Adour
Elles étaient de l’autre côté les Forges en 68
De l’autre côté de l’Adour

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