25.02.2008

Il faut que ça change !

Elkarteen iritzia eta jakitateak kontutan hartzeko garaia da. Bestalde irizpide objektiboak beharrezkoak dira herri lokalen eta diru laguntzen banatzeko beharren arabera.

Elkarteetan parte hartzen duen hiritar gisa, adiskidekeria geldi dezagun nahi dut.

Aldatu behar da !

24.02.2008

Chronique débâillonnée et des Bayonnaises n° 4

Les pains aux raisins de la colère*
 

Sur les terres rouges et sur une partie des terres noires de la plaine d’Ansot, la Nive a reconquis ses barthes et les oi- seaux emmanchés d’un long cou plan- tent à nouveau tout naturellement leurs becs dans les vasières pour y réveiller quotidiennement la vie. Sous le pont Pannecau, Cocor est revenu pacifier les hommes avec une dizaine de ses congénères cormorans. Tout là- haut, dans le ciel de Jean Dauger, le bleu trop clair et moutonneux s’est assorti enfin au vert de cette si folâtre pelouse d’Ovalie où courent et trans- pirent vaillamment les accortes Soule- tines de l’ASB. Dans ce ciel aux couleurs de l’espoir retrouvé, les mouettes crient leurs prédictions optimistes… et elles ont toujours raison, c’est connu, les mouettes rieuses venues du large, ce soir il va pleuvoir, il pleut déjà, et c’est tant mieux pour Bayonne, et c’est tant mieux pour la Terre. Plus bas vers le fleuve, un joli toit de tuiles orange a poussé spontanément sur les arènes transformées, par on ne sait qui, en salle de concerts gratuits. La pluie arrive, la pluie est là, mais cette nuit nous serons des milliers de Bayonnais pour fêter la victoire, chanter à l’unisson et trinquer en canons qui se laisseront boire comme du petit lait.

Sur tous les boulevards de la ville, les trottoirs ont envahi le pavé et les piétons se sourient, complices, par en dessous leurs parapluies. Depuis le pont rose jusqu’au pont de fer, l’Adour se gonfle d’amour pour les vivants. Devant l’Autre cinéma, une péniche s’est libérée toute seule et vogue à contre-courant vers la prison pour y embarquer des humains débâillonnés. Ils iront voir la mer, ces êtres d’humanité, c’est sûr, leurs mains agrippées à des cerfs-volants magnifiques. Tout le jour et toutes les nues sont gorgés de cette eau qui se déverse sans discontinuer et sans discrimination sur les têtes des petits comme des grands, heureux d’apprendre à nager les deux pieds plantés sur notre belle planète bleue. De ravissants petits ballons multicolores rebondissent de flaques en flaques tout le long du boulevard d’Alsace Lorraine jusqu’à cette Villa Chagrin désormais ouverte aux quatre vents de la liberté. En face, une foule joyeuse et endimanchée fait queue devant la boulangerie de madame Mercibeaucoup…

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